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Les
qualités de la maison individuelle dans du logement collectif durable
Cyrielle Blanc Architecte (cyrielle.blanc@orange.fr)
La notion de développement durable est aujourd’hui omniprésente en architecture, et tend à devenir un fil conducteur qui guide le concepteur tout
au long de la réalisation d’un projet.
Cependant, avec l’engouement soudain pour l’environnemental, le risque est d’aboutir à une normalisation volumétrique et constructive des bâtiments. En effet, un des principes fondamentaux du développement durable est la recherche d’une
compacité maximale, la construction devant ainsi avoir un minimum de décrochés. De plus, cette notion ne doit pas être réduite à une juxtaposition de solutions techniques, telles que la mise en
place de panneaux solaires, la récupération des eaux de pluie, la toiture végétalisée… simplifications que l’on retrouve souvent.
Une architecture durable doit avant tout être pérenne, tout en pouvant se transformer, évoluer, voire muter.
L’objectif est ainsi de
penser des bâtiments économes, rationnels, simples à construire, souples et flexibles, offrant de bonnes qualités de vie. Selon les architectes Lacaton & Vassal1, «le plaisir
d’habiter est l’essence même du développement durable»2. On ne doit pas sous prétexte de construire des bâtiments compacts et économes en énergie créer des bâtiments impersonnels, et
difficilement viables (pièces noires au centre du logement, ouverture de moins d’1m² pour une chambre située au nord…). Pour qu’un bâtiment dure, on doit
s’y sentir bien et donc avoir envie d’y rester.
Le logement collectif est intéressant car il représente un regroupement de plusieurs appartements, il est donc compact et permet d’offrir une grande densité tout en minimisant les déperditions
thermiques. C’est pour cela qu’une architecture durable privilégiera les logements collectifs ou les maisons en bande plutôt que la maison individuelle
isolée. Cependant, le désir de la plupart des personnes est d’accéder à la propriété d’un pavillon avec jardin, synonyme de qualité de vie. Ainsi, la question que les architectes doivent à
présent se poser est : "Comment retrouver les qualités de la maison individuelle dans du logement collectif durable et répondre ainsi aux souhaits des habitants tout en construisant durable
?"
Lorsque l’on habite une maison individuelle :
Le but est ainsi de retrouver ces qualités dans le logement collectif tout en respectant l’environnement où il va être implanté. La morphologie du bâtiment va naître d’une étude préalable du
contexte, du site dans lequel il va venir s’insérer. Le programme, le budget, vont également avoir un impact direct sur l’organisation spatiale du bâtiment, et notamment sur son système
distributif (distribution des appartements par un couloir aveugle, ou par un palier pour deux ou trois logements…) qui va influer directement sur les usages qu’offre l’immeuble et sur les
typologies de logements créés (le couloir entraîne des appartements mono-orientés, la circulation ponctuelle favorise les logements traversants…) [Voir annexe.]
La compacité doit être prise en compte puisqu’elle permet de diminuer les déperditions thermiques du bâtiment, cependant, elle peut vite aller en l’encontre du confort des logements (salle de
bains noire, cuisine éclairée en second jour…), elle ne doit donc pas prévaloir sur le confort des habitants.
On note également que la compacité engendre de grands logements, notamment dans la recherche d’appartements traversants, ces derniers offrant une double orientation et favorisant une ventilation
naturelle. En effet, l’épaisseur du bâtiment correspond dans ce cas, à la profondeur d’un logement, ce dernier voit automatiquement sa surface augmentée (un bâtiment présente une bonne inertie
thermique si son épaisseur est d’au moins 13m).
L’objectif est ainsi de dépasser la simple cellule d’habitation dupliquée, la densité étant pensée à travers l’individualité de chaque logement et étant l’aboutissement du travail sur l’intérieur
de chacun d’entre eux. On ne crée pas un immeuble de logements, mais des logements formant un immeuble.
1Architectes parisiens prônant la réhabilitation plutôt que la destruction des tours et des barres vétustes. Ils sont lauréats du concours pour la réhabilitation de la tour Bois le
Prêtre située en bordure du périphérique nord parisien.
2Propos recueillis dans l’ouvrage de Jacques Ferrier, Architecture=durable, édition du Pavillon de l’Arsenal, Paris, 2008, 262p.
Annexe
Projet de recherche fictif, réalisé dans le cadre des études, servant de base de réflexion pour des projets plus concrets. La parcelle se situe dans une grande ville française.
Le batiment présente une épaisseur maximale de 19.70m dont 2m de jardin d'hiver.
Au plus étroit, sa profondeur est de 12.50m dont 2m de jardin d'hiver.
3 configurations sont étudiées
Ce système distributif entraîne
la création d'appartements mono orientés.
L'épaisseur du bâtiment implique une majorité de salles de bains noires.
La distribution centrale
ponctuelle permet d'avoir des logements traversants et de consacrer la façade aux logements.
Elle implique une circulation aveugle, mais les salles de bains sont éclairées naturellement.
La distribution ponctuelle en façade permet d'avoir des logements traversants et une circulation éclairée naturellement. Cependant, elle engendre des appartements mono orientés derrière celle-ci.
La circulation étant en façade, cela engendre d'autant moins de façade disponible pour les appartements.
Les salles de bains sont alors aveugles et les cuisines éclairées en second jour.
Cyrielle Blanc - Architecte
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